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  1. Livre premier—Un juste
  2. Chapitre I
  3. Monsieur Myriel
  4. Chapitre II
  5. Monsieur Myriel devient monseigneur Bienvenu
  6. Chapitre III
  7. À bon évêque dur évêché
  8. Chapitre IV
  9. Les œuvres semblables aux paroles
  10. Chapitre V
  11. Que monseigneur Bienvenu faisait durer trop longtemps ses soutanes
  12. Chapitre VI
  13. Par qui il faisait garder sa maison
  14. Chapitre VII
  15. Cravatte
  16. Chapitre VIII
  17. Philosophie après boire
  18. Chapitre IX
  19. Le frère raconté par la sœur
  20. Chapitre X
  21. L'évêque en présence d'une lumière inconnue
  22. Chapitre XI
  23. Une restriction
  24. Chapitre XII
  25. Solitude de monseigneur Bienvenu
  26. Chapitre XIII
  27. Ce qu'il croyait
  28. Chapitre XIV
  29. Ce qu'il pensait
  30. Livre deuxième—La chute
  31. Chapitre I
  32. Le soir d'un jour de marche
  33. Chapitre II
  34. La prudence conseillée à la sagesse
  35. Chapitre III
  36. Héroïsme de l'obéissance passive
  37. Chapitre IV
  38. Détails sur les fromageries de Pontarlier
  39. Chapitre V
  40. Tranquillité
  41. Chapitre VI
  42. Jean Valjean
  43. Chapitre VII
  44. Le dedans du désespoir
  45. Chapitre VIII
  46. L'onde et l'ombre
  47. Chapitre IX
  48. Nouveaux griefs
  49. Chapitre X
  50. L'homme réveillé
  51. Chapitre XI
  52. Ce qu'il fait
  53. Chapitre XII
  54. L'évêque travaille
  55. Chapitre XIII
  56. Petit-Gervais
  57. Livre troisième—En l'année 1817
  58. Chapitre I
  59. L'année 1817
  60. Chapitre II
  61. Double quatuor
  62. Chapitre III
  63. Quatre à quatre
  64. Chapitre IV
  65. Tholomyès est si joyeux qu'il chante une chanson espagnole
  66. Chapitre V
  67. Chez Bombarda
  68. Chapitre VI
  69. Chapitre où l'on s'adore
  70. Chapitre VII
  71. Sagesse de Tholomyès
  72. Chapitre VIII
  73. Mort d'un cheval
  74. Chapitre IX
  75. Fin joyeuse de la joie
  76. Livre quatrième—Confier, c'est quelquefois livrer
  77. Chapitre I
  78. Une mère qui en rencontre une autre
  79. Chapitre II
  80. Première esquisse de deux figures louches
  81. Chapitre III
  82. L'Alouette
  83. Livre cinquième—La descente
  84. Chapitre I
  85. Histoire d'un progrès dans les verroteries noires
  86. Chapitre II
  87. M. Madeleine
  88. Chapitre III
  89. Sommes déposées chez Laffitte
  90. Chapitre IV
  91. M. Madeleine en deuil
  92. Chapitre V
  93. Vagues éclairs à l'horizon
  94. Chapitre VI
  95. Le père Fauchelevent
  96. Chapitre VII
  97. Fauchelevent devient jardinier à Paris
  98. Chapitre VIII
  99. Madame Victurnien dépense trente-cinq francs pour la morale
  100. Chapitre IX
  101. Succès de Madame Victurnien
  102. Chapitre X
  103. Suite du succès
  104. Chapitre XI
  105. Christus nos liberavit
  106. Chapitre XII
  107. Le désœuvrement de M. Bamatabois
  108. Chapitre XIII
  109. Solution de quelques questions de police municipale
  110. Livre sixième—Javert
  111. Chapitre I
  112. Commencement du repos
  113. Chapitre II
  114. Comment Jean peut devenir Champ
  115. Livre septième—L'affaire Champmathieu
  116. Chapitre I
  117. La sœur Simplice
  118. Chapitre II
  119. Perspicacité de maître Scaufflaire
  120. Chapitre III
  121. Une tempête sous un crâne
  122. Chapitre IV
  123. Formes que prend la souffrance pendant le sommeil
  124. Chapitre V
  125. Bâtons dans les roues
  126. Chapitre VI
  127. La sœur Simplice mise à l'épreuve
  128. Chapitre VII
  129. Le voyageur arrivé prend ses précautions pour repartir.
  130. Chapitre VIII
  131. Entrée de faveur
  132. Chapitre IX
  133. Un lieu où des convictions sont en train de se former
  134. Chapitre X
  135. Le système de dénégations
  136. Chapitre XI
  137. Champmathieu de plus en plus étonné
  138. Livre huitième—Contre-coup
  139. Chapitre I
  140. Dans quel miroir M. Madeleine regarde ses cheveux
  141. Chapitre II
  142. Fantine heureuse
  143. Chapitre III
  144. Javert content
  145. Chapitre IV
  146. L'autorité reprend ses droits
  147. Chapitre V
  148. Tombeau convenable
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Les misérables Tome I

Fantine

Victor Hugo

kostenlos · 110.141 Wörter · Hörbuch (14 Std. 9 Min.), gelesen von Didier für LibriVox

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TABLE DES MATIÈRES

Livre premier—Un juste

Chapitre I--Monsieur Myriel
Chapitre II--Monsieur Myriel devient monseigneur Bienvenu
Chapitre III--À bon évêque dur évêché
Chapitre IV--Les œuvres semblables aux paroles
Chapitre V--Que monseigneur Bienvenu faisait durer trop longtemps ses soutanes
Chapitre VI--Par qui il faisait garder sa maison
Chapitre VII--Cravatte
Chapitre VIII--Philosophie après boire
Chapitre IX--Le frère raconté par la sœur
Chapitre X--L'évêque en présence d'une lumière inconnue
Chapitre XI--Une restriction
Chapitre XII--Solitude de monseigneur Bienvenu
Chapitre XIII--Ce qu'il croyait
Chapitre XIV--Ce qu'il pensait

Livre deuxième—La chute



Chapitre I--Le soir d'un jour de marche
Chapitre II--La prudence conseillée à la sagesse
Chapitre III--Héroïsme de l'obéissance passive
Chapitre IV--Détails sur les fromageries de Pontarlier
Chapitre V--Tranquillité
Chapitre VI--Jean Valjean
Chapitre VII--Le dedans du désespoir
Chapitre VIII--L'onde et l'ombre
Chapitre IX--Nouveaux griefs
Chapitre X--L'homme réveillé
Chapitre XI--Ce qu'il fait
Chapitre XII--L'évêque travaille
Chapitre XIII--Petit-Gervais

Livre troisième—En l'année 1817

Chapitre I--L'année 1817
Chapitre II--Double quatuor
Chapitre III--Quatre à quatre
Chapitre IV--Tholomyès est si joyeux qu'il chante une chanson espagnole
Chapitre V--Chez Bombarda
Chapitre VI--Chapitre où l'on s'adore
Chapitre VII--Sagesse de Tholomyès
Chapitre VIII--Mort d'un cheval
Chapitre IX--Fin joyeuse de la joie

Livre quatrième—Confier, c'est quelquefois livrer


Chapitre I--Une mère qui en rencontre une autre
Chapitre II--Première esquisse de deux figures louches
Chapitre III--L'Alouette

Livre cinquième—La descente

Chapitre I--Histoire d'un progrès dans les verroteries noires
Chapitre II--M. Madeleine
Chapitre III--Sommes déposées chez Laffitte
Chapitre IV--M. Madeleine en deuil
Chapitre V--Vagues éclairs à l'horizon
Chapitre VI--Le père Fauchelevent
Chapitre VII--Fauchelevent devient jardinier à Paris
Chapitre VIII--Madame Victurnien dépense trente-cinq francs pour la morale
Chapitre IX--Succès de Madame Victurnien
Chapitre X--Suite du succès
Chapitre XI--Christus nos liberavit
Chapitre XII--Le désœuvrement de M. Bamatabois
Chapitre XIII--Solution de quelques questions de police municipale

Livre sixième—Javert

Chapitre I--Commencement du repos
Chapitre II--Comment Jean peut devenir Champ

Livre septième—L'affaire Champmathieu

Chapitre I--La sœur Simplice
Chapitre II--Perspicacité de maître Scaufflaire
Chapitre III--Une tempête sous un crâne
Chapitre IV--Formes que prend la souffrance pendant le sommeil
Chapitre V--Bâtons dans les roues
Chapitre VI--La sœur Simplice mise à l'épreuve
Chapitre VII--Le voyageur arrivé prend ses précautions pour repartir
Chapitre VIII--Entrée de faveur
Chapitre IX--Un lieu où des convictions sont en train de se former
Chapitre X--Le système de dénégations
Chapitre XI--Champmathieu de plus en plus étonné

Livre huitième—Contre-coup

Chapitre I--Dans quel miroir M. Madeleine regarde ses cheveux
Chapitre II--Fantine heureuse
Chapitre III--Javert content
Chapitre IV--L'autorité reprend ses droits
Chapitre V--Tombeau convenable

Livre premier—Un juste


Chapitre I

Monsieur Myriel

En 1815, M. Charles-François-Bienvenu Myriel était évêque de Digne. C'était un vieillard d'environ soixante-quinze ans; il occupait le siège de Digne depuis 1806.

Quoique ce détail ne touche en aucune manière au fond même de ce que nous avons à raconter, il n'est peut-être pas inutile, ne fût-ce que pour être exact en tout, d'indiquer ici les bruits et les propos qui avaient couru sur son compte au moment où il était arrivé dans le diocèse. Vrai ou faux, ce qu'on dit des hommes tient souvent autant de place dans leur vie et surtout dans leur destinée que ce qu'ils font. M. Myriel était fils d'un conseiller au parlement d'Aix; noblesse de robe. On contait de lui que son père, le réservant pour hériter de sa charge, l'avait marié de fort bonne heure, à dix-huit ou vingt ans, suivant un usage assez répandu dans les familles parlementaires. Charles Myriel, nonobstant ce mariage, avait, disait-on, beaucoup fait parler de lui. Il était bien fait de sa personne, quoique d'assez petite taille, élégant, gracieux, spirituel; toute la première partie de sa vie avait été donnée au monde et aux galanteries. La révolution survint, les événements se précipitèrent, les familles parlementaires décimées, chassées, traquées, se dispersèrent. M. Charles Myriel, dès les premiers jours de la révolution, émigra en Italie. Sa femme y mourut d'une maladie de poitrine dont elle était atteinte depuis longtemps. Ils n'avaient point d'enfants. Que se passa-t-il ensuite dans la destinée de M. Myriel? L'écroulement de l'ancienne société française, la chute de sa propre famille, les tragiques spectacles de 93, plus effrayants encore peut-être pour les émigrés qui les voyaient de loin avec le grossissement de l'épouvante, firent-ils germer en lui des idées de renoncement et de solitude? Fut-il, au milieu d'une de ces distractions et de ces affections qui occupaient sa vie, subitement atteint d'un de ces coups mystérieux et terribles qui viennent quelquefois renverser, en le frappant au cœur, l'homme que les catastrophes publiques n'ébranleraient pas en le frappant dans son existence et dans sa fortune? Nul n'aurait pu le dire; tout ce qu'on savait, c'est que, lorsqu'il revint d'Italie, il était prêtre.

En 1804, M. Myriel était curé de Brignolles. Il était déjà vieux, et vivait dans une retraite profonde.

Vers l'époque du couronnement, une petite affaire de sa cure, on ne sait plus trop quoi, l'amena à Paris. Entre autres personnes puissantes, il alla solliciter pour ses paroissiens M. le cardinal Fesch. Un jour que l'empereur était venu faire visite à son oncle, le digne curé, qui attendait dans l'antichambre, se trouva sur le passage de sa majesté. Napoléon, se voyant regardé avec une certaine curiosité par ce vieillard, se retourna, et dit brusquement:

—Quel est ce bonhomme qui me regarde?

—Sire, dit M. Myriel, vous regardez un bonhomme, et moi je regarde un grand homme. Chacun de nous peut profiter.

L'empereur, le soir même, demanda au cardinal le nom de ce curé, et quelque temps après M. Myriel fut tout surpris d'apprendre qu'il était nommé évêque de Digne.

Qu'y avait-il de vrai, du reste, dans les récits qu'on faisait sur la première partie de la vie de M. Myriel? Personne ne le savait. Peu de familles avaient connu la famille Myriel avant la révolution.

M. Myriel devait subir le sort de tout nouveau venu dans une petite ville où il y a beaucoup de bouches qui parlent et fort peu de têtes qui pensent. Il devait le subir, quoiqu'il fût évêque et parce qu'il était évêque. Mais, après tout, les propos auxquels on mêlait son nom n'étaient peut-être que des propos; du bruit, des mots, des paroles; moins que des paroles, des palabres, comme dit l'énergique langue du midi.

Quoi qu'il en fût, après neuf ans d'épiscopat et de résidence à Digne, tous ces racontages, sujets de conversation qui occupent dans le premier moment les petites villes et les petites gens, étaient tombés dans un oubli profond. Personne n'eût osé en parler, personne n'eût même osé s'en souvenir.

M. Myriel était arrivé à Digne accompagné d'une vieille fille, mademoiselle Baptistine, qui était sa sœur et qui avait dix ans de moins que lui.

Ils avaient pour tout domestique une servante du même âge que mademoiselle Baptistine, et appelée madame Magloire, laquelle, après avoir été la servante de M. le Curé, prenait maintenant le double titre de femme de chambre de mademoiselle et femme de charge de monseigneur.

Mademoiselle Baptistine était une personne longue, pâle, mince, douce; elle réalisait l'idéal de ce qu'exprime le mot «respectable»; car il semble qu'il soit nécessaire qu'une femme soit mère pour être vénérable. Elle n'avait jamais été jolie; toute sa vie, qui n'avait été qu'une suite de saintes œuvres, avait fini par mettre sur elle une sorte de blancheur et de clarté; et, en vieillissant, elle avait gagné ce qu'on pourrait appeler la beauté de la bonté. Ce qui avait été de la maigreur dans sa jeunesse était devenu, dans sa maturité, de la transparence; et cette diaphanéité laissait voir l'ange. C'était une âme plus encore que ce n'était une vierge. Sa personne semblait faite d'ombre; à peine assez de corps pour qu'il y eût là un sexe; un peu de matière contenant une lueur; de grands yeux toujours baissés; un prétexte pour qu'une âme reste sur la terre.

Madame Magloire était une petite vieille, blanche, grasse, replète, affairée, toujours haletante, à cause de son activité d'abord, ensuite à cause d'un asthme.

À son arrivée, on installa M. Myriel en son palais épiscopal avec les honneurs voulus par les décrets impériaux qui classent l'évêque immédiatement après le maréchal de camp. Le maire et le président lui firent la première visite, et lui de son côté fit la première visite au général et au préfet.

L'installation terminée, la ville attendit son évêque à l'œuvre.


Chapitre II

Monsieur Myriel devient monseigneur Bienvenu

Le palais épiscopal de Digne était attenant à l'hôpital.

Le palais épiscopal était un vaste et bel hôtel bâti en pierre au commencement du siècle dernier par monseigneur Henri Puget, docteur en théologie de la faculté de Paris, abbé de Simore, lequel était évêque de Digne en 1712. Ce palais était un vrai logis seigneurial. Tout y avait grand air, les appartements de l'évêque, les salons, les chambres, la cour d'honneur, fort large, avec promenoirs à arcades, selon l'ancienne mode florentine, les jardins plantés de magnifiques arbres. Dans la salle à manger, longue et superbe galerie qui était au rez-de-chaussée et s'ouvrait sur les jardins, monseigneur Henri Puget avait donné à manger en cérémonie le 29 juillet 1714 à messeigneurs Charles Brûlart de Genlis, archevêque-prince d'Embrun, Antoine de Mesgrigny, capucin, évêque de Grasse, Philippe de Vendôme, grand prieur de France, abbé de Saint-Honoré de Lérins, François de Berton de Grillon, évêque-baron de Vence, César de Sabran de Forcalquier, évêque-seigneur de Glandève, et Jean Soanen, prêtre de l'oratoire, prédicateur ordinaire du roi, évêque-seigneur de Senez. Les portraits de ces sept révérends personnages décoraient cette salle, et cette date mémorable, 29 juillet 1714, y était gravée en lettres d'or sur une table de marbre blanc.

L'hôpital était une maison étroite et basse à un seul étage avec un petit jardin. Trois jours après son arrivée, l'évêque visita l'hôpital. La visite terminée, il fit prier le directeur de vouloir bien venir jusque chez lui.

—Monsieur le directeur de l'hôpital, lui dit-il, combien en ce moment avez-vous de malades?

—Vingt-six, monseigneur.

—C'est ce que j'avais compté, dit l'évêque.

—Les lits, reprit le directeur, sont bien serrés les uns contre les autres.

—C'est ce que j'avais remarqué.

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—

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Gesprochen von Didier für LibriVox, ebenfalls gemeinfrei.

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