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contents
  1. CHAPITRE IOÙ LE LECTEUR FAIT CONNAISSANCE AVEC LA FAMILLE AMÉRICAINE
  2. CHAPITRE IIUN JOYEUX NOËL
  3. CHAPITRE IIILE PETIT LAURENTZ
  4. CHAPITRE IVUNE FAMILLE DE MAUVAISE HUMEUR OU LES INCONVÉNIENTS DES FÊTES ET DES VACANCES
  5. CHAPITRE VJO VOISINE
  6. CHAPITRE VIBETH ENTRE DANS LE BEAU PALAIS
  7. CHAPITRE VIIAMY PASSE DANS LA VALLÉE DE L’HUMILIATION
  8. CHAPITRE VIIIDOUBLE CHOC
  9. CHAPITRE IXMEG VA À LA FOIRE AUX VANITÉS
  10. CHAPITRE XLE « PICKWICK CLUB »
  11. CHAPITRE XIUNE EXPÉRIENCE
  12. CHAPITRE XIILE CAMP DE LAURENTZ
  13. CHAPITRE XIIILA SOCIÉTÉ DES ABEILLES ET LES CHÂTEAUX EN ESPAGNE
  14. CHAPITRE XIVDEUX SECRETS
  15. CHAPITRE XVUNE DÉPÊCHE ET SES SUITES
  16. CHAPITRE XVIUN PAQUET DE LETTRES
  17. CHAPITRE XVIIBETH
  18. CHAPITRE XVIIIDES JOURS SOMBRES
  19. CHAPITRE XIXLE TESTAMENT D’AMY
  20. CHAPITRE XXCONFIDENCES
  21. CHAPITRE XXILAURIE FAIT DES BÊTISES ET JO RÉTABLIT LA PAIX
  22. CHAPITRE XXIIDES JOURS DE BONHEUR
  23. CHAPITRE XXIIITANTE MARSCH
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Les Quatre Filles du docteur Marsch

Louisa May Alcott

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P.-J. STAHL
BIBLOTHÈQUE
D’ÉDUCATION ET DE RÉCRÉATION
J. HETZEL ET Cie, 18, RUE JACOB
PARIS
Tous droits de traduction et de reproduction réservés.
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TABLE

Chap. I.
— II.
— III.
— IV.
— V.
— VI.
— VII.
— VIII.
— IX.
— X.
— XI.
— XII.
— XIII.
— XIV.
— XV.
— XVI.
— XVII.
— XVIII.
— XIX.
— XX.
— XXI.
— XXII.
— XXIII.

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CHAPITRE IOÙ LE LECTEUR FAIT CONNAISSANCE AVEC LA FAMILLE AMÉRICAINE

« Noël ne sera pas Noël si l’on ne nous fait pas de cadeaux, grommela miss Jo en se couchant sur le tapis.

— C’est cependant terrible de n’être plus riche, soupira Meg en regardant sa vieille robe.

— Ce n’est peut-être pas juste non plus que certaines petites filles aient beaucoup de jolies choses et d’autres rien du tout, » ajouta la petite Amy en se mouchant d’un air offensé.

Alors, Beth, du coin où elle était assise, leur dit gaiement :

« Si nous ne sommes plus riches, nous avons encore un bon père et une chère maman et nous sommes quatre sœurs bien unies. »

La figure des trois sœurs s’éclaircit à ces paroles. Elle s’assombrit de nouveau quand Jo ajouta tristement :

« Mais papa n’est pas près de nous et n’y sera pas de longtemps. »

Elle n’avait pas dit : « Nous ne le reverrons peut-être jamais ; » mais toutes l’avaient pensé et s’étaient représenté leur père bien loin, au milieu des terribles combats qui mettaient alors aux prises le Nord et le Sud de l’Amérique.

Après quelques moments de silence, Meg reprit d’une voix altérée :

« Vous savez bien que maman a pensé que nous ferions mieux de donner l’argent de nos étrennes aux pauvres soldats qui vont tant souffrir du froid. Nous ne pouvons pas faire beaucoup, c’est vrai, mais nos petits sacrifices doivent être faits de bon cœur. Je crains pourtant de ne pas pouvoir m’y résigner, ajouta-t-elle en songeant avec regret à toutes les jolies choses qu’elle désirait.

— Mais nous n’avons chacune qu’un dollar, dit Jo ; quel bien cela ferait-il à l’armée d’avoir nos quatre dollars ? Je veux bien ne rien recevoir ni de maman ni de vous, mais je voudrais acheter les dernières œuvres de Jules Verne, qu’on vient de traduire ; il y a longtemps que je le désire. Le capitaine Grant est, lui aussi, séparé de ses enfants, — mais ses enfants le cherchent, — tandis que nous… nous restons là. »

Jo aimait passionnément les aventures.

« Je désirais tant de la musique nouvelle ! murmura Beth avec un soupir si discret que la pelle et les pincettes seules l’entendirent.

— Moi, j’achèterai une jolie boîte de couleurs, dit Amy d’un ton décidé.

— Maman n’a pas parlé de notre argent et elle ne peut pas vouloir que nous n’ayons rien du tout. Achetons chacune ce que nous désirons et amusons-nous un peu ; nous avons assez travaillé toute l’année pour qu’on nous le permette ! s’écria Jo en examinant les talons de ses bottines d’une manière tout à fait masculine.

— Oh ! oui, moi je l’ai bien mérité en m’occupant tous les jours de l’éducation de ces méchants enfants, quand j’aurais tant aimé rester à la maison, dit Meg qui avait repris son ton plaintif.

— Vous n’avez pas eu la moitié autant de peine que moi, reprit Jo. Comment feriez-vous s’il vous fallait rester, ainsi que moi, enfermée des heures entières avec une vieille personne capricieuse et grognon, qui n’a pas plus l’air de se rappeler que je suis sa nièce, que si je lui arrivais tous les jours de la lune ; qui vous fait trotter toute la journée, qui n’est jamais contente de rien, qui enfin vous ennuie à tel point qu’on est toujours tenté de s’en aller, de peur de la battre ?

— C’est mal de se plaindre ; cependant je pense que la chose la plus désagréable qui se puisse faire ici, c’est de laver la vaisselle et de faire les chambres, comme je le fais tous les jours. Je sais bien qu’il faut que cela se fasse, mais cela me rend les mains si dures que je ne peux plus étudier mon piano, » dit Beth avec un soupir que cette fois tout le monde entendit.

Ce fut alors le tour d’Amy :

« Je ne pense pas qu’aucune de vous souffre autant que moi ; vous n’avez pas à aller en classe avec d’impertinentes petites filles qui se moquent de vous quand vous ne savez pas vos leçons, critiquent vos vêtements, vous insultent parce que vous avez votre nez et pas le leur et dédaignent votre père parce qu’il a, par trop de bonté, perdu sa fortune subitement !

— La vérité est, répondit Meg, qu’il vaudrait mieux que nous eussions encore la fortune que papa a perdue il y a plusieurs années. Nous serions, je l’espère, plus heureuses et bien plus sages si nous étions riches comme autrefois.

— Vous disiez l’autre jour que nous étions plus heureuses que des reines.

— Oui, Beth, et je le pense encore, car nous sommes gaies, et, quoique nous soyons obligées de travailler, nous avons souvent du bon temps, comme dit Jo.

— Jo emploie de si vilains mots ! » dit Amy.

Jo se leva tranquillement, sans paraître le moins du monde offensée, et, jetant les mains dans les poches de son tablier, se mit à siffloter gaiement.

« Oh ! ne sifflez pas, Jo ! on dirait un garçon, s’écria Amy, et même un vilain garçon.

— C’est pourtant dans l’espoir d’en devenir un, mais un bon, que j’essaye de siffler, répliqua Jo.

— Je déteste les jeunes personnes mal élevées…, dit Amy.

— Je hais les bambines affectées et prétentieuses…, répliqua Jo.

— Les oiseaux sont d’accord dans leurs petits nids, chanta Beth d’un air si drôle que ses sœurs se mirent à rire et que la paix fut rétablie.

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Les Quatre Filles du docteur Marsch by Louisa May Alcott. The text is in the US public domain, transcribed by Wikisource’s volunteers and served from our own copy.

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